Voilà, ça y'est, on y est. J'avais dit le bout du monde et finalement, j'n'ai pas fait grand chose. C'est vrai, t'avais raison, je glorifie, j'idéalise et j'exagère à ma façon. 'Parait que c'est mon côté sentimentaliste.Je ne suis pas parfaite, je ne suis pas celle qui'il te faut, je ne suis pas grand-chose;
mais je ne suis pas celle que tu claqueras dans de grandes leçons de morale. Je ne crois pas au raisonnable, et l'irrationnelle c'est tout ce qui porte ce foutu monde. Alors peut-être que pour un millier de choses tu as raison; mais pour le reste, pour le reste tu ne sauras jamais rien.
Parce qu'en dix-huit ans la vie ne m'a rien appris, mais en quelques jours j'ai fini par comprendre. Regarde, on n'est ni fait de chair ou de sang; nous sommes un mélange de la colère de Dieu et d'un élément de cette foutue vie. Et toi, j'avais vu, j'avais senti. Toi, comme cette foutue terre,
avec ce rythme régulier, cette routine exagérée et méprisante; toi, la terre, les pieds sur terre;
et bien, j'ai la terre entière pour t'aimer, et je ne ressens rien.
Moi, j'ai fini par le prendre, ce foutu vent, par vouloir m'envoler de tout ce vide, ce néant, ces doutes éternels; ce sera toujours comme ça, on y peut rien, mais on peut choisir, on peut décider de ce qui comptera mais également de ce qui ne comptera pas. Et toi, tu ne comptes plus.Le vent ne ment jamais, ne passe pas par quatre chemins, fait plisser les yeux des courageuses. Un jour je m'envolerai, quand la terre ne voudra plus que je reste l'aimer. Le vent, comme si il n'y avait plus que lui, plus de feu, plus d'eau ni de cette foutue terre et de cette peur de l'inconnu. Plus de terre pour l'aimer.
Je ne suis pas une de ces courageuses qu'il ne supporte pas, moi je lui laisse les feuilles d'automne pour qu'il les foute en l'air. En l'air, le vent qui siffle, qui soulève les coeurs, porte les moins courageux, fait voler mes cheveux et mes jupes. Il m'allume, sèche mes larmes et balaye mes regrets.
Le vent souffle parce que nous avons besoin d'air. Et il claque ces portes qui ne devraient pas rester ouvertes; surtout pas. Il écarte de nos chemins les feuilles mortes avec le calme d'une statue de pierre.
Je suis une voleuse, pas une courageuse, 'parait même que j'ai souvent laissé les portes se claquer.
Tu t'enterreras dans ta propre vie, moi je ne sais pas, je partirai avant.
Parce que le problème, ce n'est pas moi ni ma façon d'aimer ou d' haïr. C'est cette folie de passion. Mon vaste désir de chair et de sang, mon besoin de me sentir vivante. Je ne la connais pas vraiment, elle m'a souvent enfermée dans des désirs qui n'étaient même pas les miens. Je sais juste que la passion nous avale et nous recrache sans répit. Et sans jamais nous dévorer. Parfois on la croit là, mais elle est déjà loin, et nous, on reste sur le bord du trottoir avec la folie de nos obsessions.
Elle n'est que souffrance; c'est une sorte de bombe à retardement qui se déclenche tôt ou tard.
Pour que la passion explose. Et qu'elle nous prenne en otage, qu'elle nous sature de douleur,
qu'elle nous torture de bonheur. Elle est l'espérance du changement.Au tout début, elle n'est qu'un rêve de démesuré. Mais regarde la déception, regarde la souffrance.
Regarde moi tomber de haut, toi le serein et moi la passionnée.Regarde moi brûler.
Mais si c'est l'heure des adieux, je voulais l'écrire. "Qu'est-ce que pour nous, mon coeur" que la mélodie du bonheur. Mon coeur m'a finalement laissée tomber. Il n'a plus voulu battre quand il a senti tout mon être et tomber et abandonner. Il m'a parlé de vengeance, m'a dit les mots de la colère; mais "Qu'est-ce que pour nous mon coeur" que l'espoir qui n'arrivera jamais. Ne me laisse pas toute seule. Ne fais pas de moi une rationnelle, ne laisse pas ma raison l'emporter. Il faut que tu sois là, mon coeur, ma passion, mon courant d'air; il faut que tu reviennes. Pour me redonner le goût de la vie, des jolies proses,
de la folie parfumée; je te sens mon coeur, je t'entends parfois.
Je respire ta peur, oh mon coeur, oh mon coeur, ne te cache pas, n'oublie pas nos premiers mots, nos grands maux. Reviens moi. Fais-moi claquer des doigts, met moi en colère, oh mon coeur, laisse moi craquer, être un peu plus humaine, rend moi fragile, à fleur de ma propre peau. Donne moi de la colère, une bonne dose de rage. Nan, mon coeur, mon mien de petit coeur, que je voudrais te sentir battre, te sentir exploser. Je t'en prie, je t'en supplie, réveille toi dans un sursaut. Dis- moi que j'y crois encore, au bout du monde. Avec toi, toi, toi et toi, et mon coeur, et toute la passion de ce foutu monde et ta putain de terre et de mon vent, et de tous les rêves du monde. Fais moi y croire. Ne me laisse pas penser que tout est déjà fini. La belle aventure, même rien qu'avec toi, mon coeur.
[ Un Adieu, un Aurevoir, un A bientôt... Allez savoir si le Coeur y est ou si Il reviendra. ]

